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David Mendes da Silva, biologiste et audiophile

David Mendes da Silva naît à Bruxelles de parents réfugiés politiques du Portugal. Il passe une partie de son enfance en français en Belgique. Son premier contact avec l’art se passe à travers la musique, il est identifié comme étant doué par le conservatoire qui se déplace à l’école à cette période. En parallèle, il garde de beaux souvenirs de ses professeurs qui l’initient aux sciences de la vie, avec des projets comme celui de faire grandir des têtards.


Lorsque je creuse un peu plus dans l’enfance de David, on découvre que son côté audiophile a certainement été transmis, au-delà du conservatoire à l’école, par son père lui-même professeur de musique. Il se souvient que la musique était omniprésente à la maison. Sa mère couturière, originaire du Cap-Vert, lui laisse des souvenirs d’enfance à travers le découpage de pans de tissus notamment.


Son parcours musical est interrompu à l’âge de 8 ans lorsque sa famille retourne au Portugal, avec un premier changement de culture et de réalité. À l’âge de 10 ans, David rêve d’être astronaute ou inventeur. Son père regrette le manque d’exigence de l’école publique et, à ses 14 ans, le place au lycée français Charles Lepierre de Lisbonne.


Au-delà de la musique, David est encore guidé par sa passion pour la science et les mystères de la vie. Il poursuit ses études dans ce sens et gradue d’une licence et d’une maîtrise en microbiologie et génétique à l’université de Lisbonne. La musique le rattrape quand il entend parler de la chorale universitaire qui s’ouvre à de nouvelles candidatures. David s’inscrit et renoue avec la musique pendant deux ans avec cette chorale. Ils seront représentés à l’extérieur et se produiront à la Aula Magna de Lisbonne avec la « Petite messe solennelle » de Rossini.


À la fin de sa maîtrise en microbiologie et génétique, il reste deux ans au laboratoire en tant qu’assistant de recherche. À une époque de résistance face aux médicaments génériques au Portugal, il passe une entrevue pour un programme d’information qui couvre l’ensemble du pays. Au sein de ce programme, il gère l’objection des professionnels de la santé et leur présente le programme d’introduction des médicaments génériques au Portugal.


Il occupe par la suite un second emploi dans une université privée, en laboratoire. C’est avec cet emploi et avec son premier salaire proprement dit que David se sent adulte, et qu’il ressent à nouveau le besoin de se rapprocher de la musique. Il emprunte une clarinette à un ami mathématicien et musicien, puis se lance dans des cours de musique et, éventuellement, de clarinette.



Il aimerait poursuivre et atteindre un niveau de professeur pour ne pas seulement enseigner au laboratoire. Pour cela, il doit faire un doctorat. La première année du doctorat dans le programme doctoral en biologie et biomédecine de l’université Coimbra est constituée de séminaires pour une mise à niveau des étudiants. Il poursuit la clarinette au cours de cette première année.


En 2004, David quitte Coimbra pour atterrir à Montréal afin de poursuivre ses années doctorales. Il est obligé de cesser ses cours de clarinette, pas compatible avec la charge de travail qu’implique un doctorat. Il exerce son côté créatif en réalisant des illustrations d’images en lien avec son laboratoire. Il se fait inviter par la chorale de l’Institut neurologique de Montréal et y participe.


À la fin de son doctorat en 2010, il écoute un podcast « This week in science » qui lance un appel à contribution pour un CD de musique scientifique. David se lance sur son Macbook, ouvre l’application « garageband », branche son micro et enregistre une chanson sur les moteurs moléculaires. Il réalise à côté une création graphique avec un logo pour le groupe et l’album (https://soundcloud.com/user-481958814/molecular-motor).


Son doctorat se termine, et David commence un emploi de tutorat à distance pour des personnes ayant besoin de repasser des disciplines de lycée pour passer au CÉGEP. Il enchaîne avec cinq ans de rédaction médicale dans le domaine biomédical et pharmaceutique.


En parallèle de ses emplois, il repense à ses années de clarinette et prend connaissance d’une harmonie séniore ouverte à tous les niveaux au Collège de Montréal. Il s’inscrit et va y jouer de la clarinette. L’orchestre de l’Ensemble à Vents de Montréal (EVM) a alors besoin de quelqu’un pour enregistrer les concerts : David qui possède le matériel va donc s’occuper de l’enregistrement, et de la production des audios pour les CDs. C’est là qu’il va acquérir ses connaissances sur la production audio.


David arrête la clarinette en 2014 au moment de la naissance de son deuxième garçon, et au niveau professionnel c’est à cette période qu’il passe de la rédaction médicale à la traduction.


En 2018, David fait une pause dans ses contrats en traduction pour aider son père à distance à relancer son entreprise de design en communication. L’entreprise a du mal à se relancer, mais David va profiter de cette pause de contrats pour se lancer dans une nouvelle aventure.


Il tombe sur un billet de blog qui parle des bonnes raisons de lancer son podcast et c’est en 2019 que David a une étincelle et crée « Papa PhD ». Ce podcast naît d’une envie d’aider les étudiant.e.s en fin de doctorat, et qui se sentent perdu.e.s dans l’après. Ce podcast assouvit depuis ses besoins de créativité, et son envie d’apporter des connaissances, des outils pour aider à mieux vivre les suites professionnelles d’un.e doctorant.e. Lorsque je lui pose la question de l’influence de la pandémie sur son podcast, elle semble lui avoir laissé du temps pour monter dans son sous-sol son propre studio d’enregistrement, avec en fond des œuvres d’un artiste scientifique montréalais, Sciwalkart. Le confinement a donc plutôt amélioré son podcast.


Vous pouvez retrouver le podcast « Papa PhD » sur le site web de David : https://papaphd.com/.


Dans le futur, David souhaiterait créer des projets musicaux à teneur scientifique.


Je tiens à remercier personnellement David de son temps accordé pour l’entrevue, et surtout pour son podcast qui aide les étudiant.e.s au doctorat à ce sentir moins seul.e dans le tourbillon académique !


Vous pourrez retrouver le prochain article de « The SciART Talents Blog » le mois prochain et en attendant, bonne lecture :)


Les recommandations de notre artiste scientifique pour de futurs articles :


- Jack Bauer, fondateur de ‘SciWalkArt’


- Viviane Lalande, fondatrice de ‘Scilabus’


- Marie Fayn, qui a écrit et monté une pièce de théâtre à Paris « thèse et antithèse »


- Olivier Hernandez, directeur du Planetarium de Montréal


- Martin Primeau, conseiller en relations médias à Polytechnique Montréal, fondateur du podcast « Histoire de génie »








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